Arnaud Fleurent-Didier n’est pas vraiment un débutant – certains fidèles le suivent depuis Notre-Dame, d’autres estiment qu’avec Portrait Du Jeune Homme En Artiste (2004), il aurait mérité d’être « en couv’ de Magic ». Qu’importe : La Reproduction, parue en début d’année, est un album de pop bourdieusienne, qui gratte l’héritage français avec un peu plus d’acuité que le nombrilisme en vogue dans la (plus vraiment) Nouvelle Scène Française. Un disque richement orchestré qui plonge chez Vannier ou Polnareff, où le talk over désabusé du trentenaire égraine déceptions et idéaux perdus. Sur scène, Fleurent-Didier est accompagné d’un duo de demoiselles, et recrée plus qu’il ne reproduit véritablement son œuvre, au cours d’une tournée saluée unanimement et un passage au MOMA de New York (tant qu’à faire, hein...).
Niché entre la finesse abrupte de Dominique A, la légèreté mélancolique de Philippe Katerine et les trouvailles sonores d’un Tom Waits (l’utilisation de toy pianos, xylophones, mélodicas, ou tambourins), Robin Leduc imagine une pop pas comme les autres, pleine de faux-semblants et de pistes troubles. Qu’on suit bien volontiers.
A qui est-elle fiancée, cette voix précieuse et posée ? On ne sait et qu’importe. Tout juste sait-on qu’elle est éprise du format court (un Ep mélancolique et intimiste) et des chansons emplies d’une élégie façon Françoise Hardy ou Keren Ann. Pas un hasard si l’extraordinaire Florent Marchet signe délicatement les compositions de cette chanteuse singulière.
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